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HAUTE-SOULE

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GURS / SAINTE-ENGRÂCE 

27 juin 2019 > Camp de Gurs mémorial national / Grotte de La Verna

Le maître mot de cette sortie a été la « démesure », démesure le matin dans les contextes des guerres, celle de la guerre civile en Espagne, celle de la guerre mondiale qui lui fait suite, démesure l’après midi dans le ventre de la terre qui abrite le réseau karstique le plus important d’Europe. En covoiturage, destination la Haute-Soule, nous avons fait étape à Gurs pour un regard sur l’histoire du Béarn au cours de la période trouble liée à la Guerre de 40/45. Nous y avons découvert le mémorial national, le cimetière du camp et la reconstitution d’une des 382 baraques édifiées sur ce site. Une note retrace l’histoire sinistre du camp d’internement. Après le déjeuner pris à Tardets, nous avons reljoint Sainte-Engrâce pour la visite de la plus vaste salle accessible tout public au monde, celle dite La Verna.

Gurs de 1939 à aujourd’hui : UNE HISTOIRE À ÉPISODES

A l’origine En janvier- février 1939, après la prise de la Catalogne par les Franquistes, c’est la Retirada. Un demi-million de Républicains espagnols viennent se réfugier en France. Ils sont entassés sur les plages du Roussillon (Argelès, Saint-Cyprien, Bacarès, …) dans les conditions dramatiques d’un hiver rigoureux. En avril, des camps d’internement sont créés pour garder la main sur les exilés ; il est difficile de parler d’accueil tant les conditions y sont rudimentaires et improvisées. Parmi ces camps, celui de Gurs fait dans la demesure. Il est le plus vaste, 382 baraques sont bâties en 42 jours sur 79 hectares, sa capacité d’accueil impressionne avec ses 18500 personnes, deux fois la population de la sous préfecture Oloron.

1939 (printemps et été) : Le temps des combattants de la République espagnole Le 2 avril sont internés les premiers arrivants : un groupe de Basques espagnols en provenance d’Argelès. D’autres combattants de l’Armée républicaine suivent : 23577 refugiés venus de toute l’Espagne, 6808 volontaires des Brigades internationales. Camp à vocation « humanitaire », la majorité de cette population quitte le camp à l’autonme.

Le 3 septembre 1939 la France déclare la guerre à l’Allemagne.

1940 (été) : Le temps des « indésirables » À partir de mai 1940, le camp en zone libre se remplit à nouveau. Suspects en période de conflits, ce sont 12000 étrangers en provenance du nord de la France occupée qui vont être internés, pour l’essentiel des femmes y compris des personnes agées d’origine allemande ou autrichienne, des refugiés politiques, des Basques espagnols, des Mosellanes épouses d’Allemands, des Tziganes, des Communistes, des Pacifistes français, etc. Bref que des individus qui attiraient la méfiance des autorités. La belle saison atténue les rigueurs des conditions de vie. Presque tous quittent le camp au cours de l’été.

1940-1944 Le temps de l’antisémitisme. Au delà des desseins du IIIeReich, le régime de Vichy instaure l’antisémitisme d’État : statut des Juifs, interdictions professionnelles, étoile jaune, rafles, confiscations patrimoniales, etc. Les familles juives étrangères sont internées à Gurs dans un camp qui se délabre rapidement. Parmi elles, 6538 hommes, femmes et enfants du Pays de Bade (pays allemand limitrophe de l’Alsace). Ils sont séparés. Un millier d’entre eux meurt au camp, l’alignement des tombes du cimetière signe cette tragédie. Mais aussi, moins visible aujourd’hui, une cinquantaine d’enfants naissent dans cet enfermement qui évoque l’ « enfer ». La plupart de ceux qui survivent sont déportés, entre août 1942 et février 1943, vers les camps d’extermination d’Auschwitz et Maïdanek. Érigé en 1994, le mémorial nous rappelle le départ de 3907 internés. Aucun ne reviendra. « Gurs symbolise alors la complicité dans le crime contre l’humanité, c’est à dire la Shoah. »

1944 (août) Le temps des « petits collabos » Le vent tourne. Le camp, du moins ce qui en reste, reprend du service à la Libération pour y enfermer quelques milliers de collaborateurs avec les Nazis. En mai 1945 est signé la reddition inconditionnelle allemande et le camp sera fermé définitivement en décembre 1945.

Les « Trente Glorieuses » Le temps de l’oubli. Une chappe de plomb recouvre le camp de Gurs peu à la gloire de l’histoire du Béarn. Il devient une friche puis un vaste terrain boisé traversé par une allée centrale. Son passé douloureux est laissé en jachère.

1980 à nos jours Le temps mémoriel Ne pas oublier devient la préoccupation. Se souvenir de la misère matérielle et morale subie par ces populations étrangères, plusieurs dizaines de nationalités, les souffrances de gens dont le délit était la différence, les conditions inhumaines infligées : clôtures de barbelés obsédantes, crasse boueuse du sol, solitude dans le silence glacial des baraques, angoisse du lendemain, dénuement jusqu’à la mort. Nous restons toujours l’étranger de quelqu’un !

Grotte de LA VERNA

 

 

 

 

 

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