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28 juin 2018 > Usine du Hourat à Laruns / Maison du Syndicat du Haut-Ossau / Entre ostau et estive à Bagès

Le peuple des « campestrii » va à la rencontre de celui des « montanii ». Au delà des choses vues: une usine hydroélectrique, le siège d’une instance ossaloise multi-séculaire, une ferme de montagne, ce qui fait sens c’est le vécu des femmes et des hommes que nous avons croisés. Le discours est le même face à la mouvance environnementaliste qui prend de plus en plus de place dans les vies. Ici, la « houille blanche » est complémentaire du nucléaire aujourd’hui passage obligé (mais comment s’en affranchir ?), là, la cohabitation est douloureuse entre faune sauvage et troupeaux domestiqués, aussi encore, l’usage multi-fonctionnel des espaces naturels génère des contraintes et parfois des incompréhensions. Un grand merci à Simon qui s’est mis à notre disposition pour nous ouvrir les portes et nous faire partager ses connaissances, fort d’une présence familiale en Ossau qui remonte à plusieurs générations.

USINE Société HydroÉlectrique du Midi – Laruns

 

 

À Laruns, l’usine du Hourat (« vilain trou » en béarnais en référence au verrou glaciaire proche) est contemporaine de celle de Miégebat (à mi vallée) et, plus en amont, du barrage d’Artouste accompagné de son usine. Ces chantiers s’échelonnent de 1920 à 1930. Les usines aux façades typées témoignent de la période des « années folles » de l’entre-deux guerres où foisonnent l’art nouveau, l’art moderne, l’art déco. C’est la Compagnie des Chemins de Fer du Midi qui est à l’origine des constructions; son objectif était d’alimenter, du moins en partie, les lignes ferroviaires. De cette époque, la mémoire collective retient un « difficile quotidien » des mille ouvriers issus de multiples corps de métiers, travaillant dix heures par jour, six jours par semaine. Pour la plupart immigrés espagnols notamment aragonais, portugais, italiens ou du pays basque, ils étaient logés dans des baraquements au confort rudimentaire. Certains s’installaient avec leur famille, d’autres faisaient souche dans la vallée en épousant une ossaloise. Cette période générera un bond économique qui sera suivi par une seconde vague constructive entre 1940 et 1962. Au final, en cascade, exploitant retenue d’eau et sa hauteur de chute comme à Fabrège, les centrales se succèdent jusqu’à Castet, centrale au fil de l’eau et ouvrage régulateur sur le gave en limitant les variations des débits induits par les lâchers d’eau des autres usines. La même goutte est ainsi turbinée sept fois. Seules quelques installations des Hautes-Pyrénées font mieux en utilisant une technique de recyclage de l’eau. Equipés de casque, nous voilà prêts pour « schtroumpfer » (NDLR visiter). Petit film, maquette, panneaux largement illustrés de photographies d’archives et surtout les commentaires éclairés (sans jeu de mot) des agents de la SHEM (filiale d’Engie) nous a permis au cours de la visite des installations de mieux comprendre les rouages de production de l’énergie hydroélectrique.

MAISON DU SYNDICAT DU HAUT-OSSAU– Laruns

 

Découverte d’une instance moyenâgeuse de gestion des estives ossaloises mais aussi des herms du Pont-Long, lieu de transhumance hivernale. Une curiosité historique typiquement béarnaise ! Après scission en 1853 avec la partie basse de la vallée d’une organisation médiévale coutumière «La Jurade d’Ossau» reconnue le 3 juin en 1838 par ordonnance de Louis Philippe, Roi des Français, la Commission Syndicale du Haut-Ossau regroupe les communes de Aste-Béon, Béost, Bielle, Bilhères-en-Ossau, Eaux-Bonnes, Gère-Bélesten, Laruns, Louvie-Soubiron. Elle est gestionnaire d’une part des 2573 hectares d’estives indivises de son ressort en montagne: Aar, Bious, Pombie et Séous, où une dizaine de cabanes fromagères ont fait l’objet de travaux de modernisation et d’autre part des terres du Pont-Long sur 2078 hectares en lisière de l’aéroport de Pau, de l’autoroute de Gascogne et de la route de Bordeaux. Autrefois aire de transhumance aujourd’hui conservée dans le giron patrimonial, ces espaces sont valorisés en terres agricoles (maïsculture pour l’essentiel), en prairies fourragères sur 180 ha loués par l’armée (hors 5e RHC), notamment vouées à l’école de parachutisme, aussi par la zone d’activités économiques de Serres-Castet qui s’étend sur 174 ha, objet de baux emphytéotiques auprès de plus de 200 entreprises. Dans cet héritage pastoral, deux constantes s’imposent : celui de la forte implication de la collectivité ossaloise dans la gestion des territoires légués par l’Histoire, celui de la transhumance qui traverse le temps de la protohistoire à nos jours, même si les pratiques ont évolué et continuent de s’adapter.

FERME PASTORALE – Bagès/Aubisque

Une prise de vue résume l’univers d’une ferme montagnarde, celle de la famille Casabonne Angla qui nous accueille et nous fait profiter de la vente directe sur exploitation. La vie du troupeau de brebis «manech» et de vaches laitières montbéliardes de l’entreprise familiale est rythmée au gré des étages: du hameau de Bagès en balcon sur la vallée aux pacages d’altitude à Aubisque en passant par les prairies de fauche de moyenne montagne et des prairies de la «Montagne Verte». Sur la photographie: en arrière plan, le massif enneigé du Pic de Ger, étage rocailleux et hostile pour l’élevage; toujours en silhouette sur fond de ciel bleu, le plateau de Grourzy, lieu d’estive dominant des versants abrupts couverts de forêts (espace non fréquenté par notre éleveur mais similaire à l’espace pastoral du cirque du Litor); en plan intermédiaire devant le massif, le replat de la «Montagne Verte» avec ses boisements, espace d’intersaison; en premier plan et partie basse de la photo, la ferme en lisière de ce hameau de Béost, les prairies ponctuées de bordes, la bergerie moderne avec fenil sous combles comme par le passé, une disposition qui a fait ses preuves.

AUTOUR DE CLARACQ ⁄ BUZET

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